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L’intérêt du travail artistique de développement

L’intérêt du travail artistique de développement est de mettre la créativité artistique au service des réparations de nos espaces intérieurs chahutés par nos adaptations au monde. Ressentir puis exprimer de façon spontanée et libre nos états d’âme sous la forme la plus adaptée à ce que nous sommes, c’est à dire sans angoisse et dans la confiance, permet de les objectiver et ouvre la porte à la création pure..
Le regard de la conscience portés sur ces ressentis nous permet d’en connaître sens et origine le plus souvent liés à des mémoires difficiles proches ou lointaines. Ce fait jour alors la possibilité d’en apaiser l’impact en les relativisant par rapport au présent. Nous parvenons alors à les réparer en les considérant pour ce qu’ils sont : des effets de mémoire, et en leur opposant progressivement nos ressources positives acquises ou potentielles.

L’art développement est un processus d’élargissement de conscience efficace pour améliorer les standards acquis de nos comportements, les apaiser ou les dynamiser, les affiner, les enrichir et les accorder à notre équilibre adulte en évolution.

L’improvisation vocale est,  au même titre que toute pratique artistique plastique apte à remplir cette mission.

Jean Lucien Jacquemet.

Voir : les voi(es)x de la voix

Les Âges de l’expression

Par J.L. JACQUEMET

L’être humain cherche à « exprimer lui-même »! (voir : La vie est un Art ).
Que se passe-t-il lorsqu’ il décide de jeter des signes écrits, dessinés, de la couleur sur le papier, ou des sons, des paroles, des gestes dans l’espace, non pas pour une fonction précise, pragmatique, mais seulement pour «dire » ? L’observation montre chez les adultes, qu’en fonction de la maturité d’expression ( qui n’a que très peu à voir avec l’âge) de celui ou de celle qui s’exprime, les processus mis en jeu ne sont pas les mêmes.

La maturité d’expression se caractérise par la plus ou moins grande liberté que l’on a à mettre au-dehors ( ex-primer ), ce qui nous préoccupe, ce qui nous est essentiel, ce que nous ressentons comme libérateur, ce qui nous réjouit comme un jeu. La virtuosité de la réalisation du message exprimé, sa « lisibilité» contribuent aussi à l’appréciation de cette « maturité ».

Il faut distinguer ensuite, l’expression spontanée, libre, sans cadre particulier, de l’expression délibérée, consciente, réalisée dans le cadre d’un atelier.

Dans le cadre d’un atelier où la personne débutante est mise en condition pour simplement être attentive à ce qu’elle exprime, le «premier âge» de l’expression est de type :

• expressionnisme projectif… La personne se projette dans l’objet exprimé (son, couleur, signe, geste, forme … ). ‘A ce stade, rien dans l’objet luimême ne permet d’identifier l’image projetée. La personne peut raconter qu’elle a ressenti telle chose, qu’elle voit telle réalité d’objet ou de personnage dans ce qu’elle a fait, mais cela n’est pas «visible» ni «lisible» de l’extérieur. Il faut accueillir son «dit», pour valoriser son vécu, mais ne pas non plus lui faire croire que l’on a identifié ce contenu.

Le «deuxième âge» de l’expression est de type :

• expressionnisme subjectif… Là une forme, figurative ou non est discernable et l’interprétation est liée à la problématique personnelle de l’exécutant(e). L’interprétation qu’il en fait peut se trouver parfois assez éloignée des interprétations faites par les spectateurs ou observateurs du résultat de l’expression.

Le «troisième âge» de l’expression est de type :

• expressionnisme objectif… L’expression est celle de l’histoire personnelle de l’exécutant(e), l’interprétation qu’il en fait et celle des spectateurs se retrouvent dans un même consensus. Les deux peuvent reconnaître et identifier avec des nuances différentes bien sûr, le même contenu de l’expression.

Ces trois stades correspondent à l »’expression artistique de développement’, où l’on constate que le signe exprimé (son, couleur, tracé, forme, geste, parole … ) est profondément révélateur de la nature et de la structure de l’exécutant. Moins l’exécutant a prémédité son expression et plus elle est révélatrice ! Que l’exécution soit primitive ou sophistiquée, ce qui compte à ce stade est ‘l’accompagnement actif du laisser faire !’ Sortir de la pure représentation mentale pour entrer dans ‘le geste artistique’. Le geste artistique est un geste où la conscience de la personne est concentrée ‘dans’ le contact avec la matière travaillée (matière, argile, papier, couleur, son, espace … ).
Et ce, dans un contact ‘interactif’ où l’exécutant et la matière dialoguent au travers des sensations. De ce contact de la conscience avec la matière, surgit l’expérience formatrice qui est un ‘dit’ souvent d’une grande profondeur, surgissant d’une volonté de dire, inconnue, reliée aux sentiments et aux émotions, beaucoup plus essentielle que celle émanant de la ‘conscience ordinaire’ , et, de la plus ou moins grande habileté technique.

Le ‘quatrième âge’ de l’expression est celui de :
• la création.

La vie est un Art

L’expression … Une activité si commune ! S’exprimer… Banalité … Quelle angoisse pourtant quand soudain l’enjeu est là :
Examen, entretien d’embauche … présentation de projet… rencontres de tous ordres, professionnelles, familiales, déclaration d’intention, d’amour…

L’homme est un être d’expression. Depuis la nuit des temps, il s’efforce de ‘presser au dehors’ les messages qui le harcèlent de l’intérieur. Que ce soit pour dire sa faim, sa colère, sa frustration, son désir, sa tendresse, sa haine, ses peurs, son soulagement, son attention, son adoration, sa vénération … Toujours, l’homme a cherché à mettre ‘au dehors’ de lui. Par la voix, par le geste, en traçant des signes, images, écriture … au début, dans le recul secret et sombre des cavernes, puis de plus en plus au grand jour, et maintenant sur la planète entière !

Expression des mystères qui le hantent et le dépassent, expression de son respect pour la sublime réalité qu’il voit dans la nature autour de lui, dans ce qu’il pressent derrière l’apparence du monde… cela est toujours d’actualité. Mais aujourd’hui survient un phénomène nouveau… Il cherche à ‘exprimer lui-même’!

Il cherche à mettre au-dehors la complexité de son monde intérieur. Mais il ne le sait pas toujours tout à fait consciemment, alors il a peur, il hésite, et souvent, attend des autres qu’ils lui révèlent ce qu’il est. Souffrance !

L’autre ne peut me révéler à moi-même. L’autre ‘est l’occasion’ de me révéler à moi-même et ce n’est pas si mal déjà. Il ne faut donc pas rater cette chance. Alors il faut surmonter ses craintes. Car s’exprimer pour savoir qui l’on est et où l’on va, c’est accepter tout de soi avec la meilleure bienveillance. L’art est ce terrain privilégié. A condition bien sûr de le dépouiller de tout assujettissement à des critères financiers ou de mode.

Il nécessite un accueil inconditionnel, dans un espace protégé, de tout ce dont-on est porteur. Faire face aux images, aux messages … qu’ils proviennent de nos contrées intérieures les plus sombres ou les plus lumineuses.

Ensuite, l’artiste en soi choisit. Il choisit ce qu’il veut garder et en toute liberté, l’offrir au monde. Ce qui le gêne, ce qu’il trouve inutile ou destructeur, il le transforme, il le métamorphose et en fait sa plus belle œuvre d’art. A cette tâche, nous avons de quoi faire. Cela peut nous occuper fort intensément. Non, cela ne coupe pas du monde au contraire. Aller au bout du regard que l’on a sur soi, c’est au bout du compte, se rendre beaucoup plus disponible … !

Jean Lucien JACQUEMET

Un concept riche de possibilité

L’ Art Développement,

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